Généalogie

Nos patronymes

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le nom « Michel » était relativement fréquent en France et il ne faut donc pas se surprendre que des membres de familles Michel sans lien de parenté apparente et originaires de diverses régions soient à l’origine de ce nom en Nouvelle France.

Jacques Michel et Catherine Comeau

Jacques Michel dit Saint-Michel est né en France en l’année 1665 et baptisé à St-Paul (malgré que son âge est recensé à 35 ans en 1693) et mourut à Port-Royal, Acadie en 1748. Ses parents nous sont inconnus de même que le lieu de sa naissance.

Il immigra en Acadie vers 1687; à tout le moins son nom n’est pas retrouvé au recensement de 1686.

Il se maria en 1688 à l’âge de 22 ou 23 ans avec Catherine Comeau alors âgée de 16 ou 17 ans, fille d’Étienne et Marie Anne Lefebvre. Catherine est née à Port-Royal en 1671 et des décédée après 1719. Le couple vécu à Port-Royal toute leur vie à partir du jour de leur mariage. En 1707, Jacques est recensé Sr Michel et en 1714, St-Michel. »

Ils eurent 13 enfants, 8 fils et 5 filles, chacun né à Port-Royal. Quatre garçons se marièrent à leur tour alors que cinq filles fondèrent en Acadie les familles Savoie, Martin, Breau, Guilbeau et Egan. Ces Michel et leurs descendance vécurent au Village-des-Michel installé à la Rivière-aux-Canards avec, selon les sources disponibles, les Melansons, les Aucoins et les Boudreaux (Boudrot)

À son décès, l’acte de sépulture rapporte l’âge de Jacques à 83 ans, ce qui n’apparaît pas plausible. Il fut inhumé le 19 février 1748. Étaient présents ses fils Charles, Jacques et Pierre Michel de même que René Martin.

Catherine Comeau décéda vraisemblablement après 1719.

De nombreux descendants de Jacques et Catherine subirent le Grand Dérangement (déportation de 1755). Au moins dix d’entre eux émigrèrent en Louisiane, à partir d’Halifax, Saint-Domingue et de France en 1785. Un plus grand nombre encore peuvent être retrouvé au Canada, particulièrement au Québec, à St-Grégoire, Bécancour et St-Pierre-les Becquets.

L’ancêtre Louis Michel

Les lieux de naissance et de baptême de cet ancêtre demeurent imprécis mais à son mariage, l’acte religieux précisera que ses parents sont de St-Jean-de-Liversay, une commune située à 25 Km au Nord-Est de La Rochelle, France. « Engagé »comme charpentier pour 3 ans, son premier séjour en Nouvelle France est documenté en 1686. Il décida avant le terme de cet engagement de demeurer indéfiniment en Nouvelle France « en achetant une terre située au Château Richer en la Côte de Beaupré »(1) en avril 1689. Puis, il épousa Marie – Madeleine Cauchon en 1690, déclarant être le fils de défunt de Jean Michel et ayant eu comme mère Simone Rocher.

Il est probable qu’il mit à profit ses talents de charpentier, entre autres à la faveur de la construction de l’Aile de la Sainte-Famille du monastère des Ursulines de Québec où est encore présente une structure datant de la fin du XVIIe siècle.

De son mariage avec Marie Madeleine Cauchon, sa descendance ne fut assurée que par un fils, Charles, né en juin 1696. Toutefois, selon les lois de l’époque, Louis Michel dû assumer le tutorat de plusieurs enfants issus de la famille de son épouse. Il décéda, avant cette dernière en 1727. Il aura vécu 41 ans en Amérique et il est mort dans la paroisse où il s’était fixé 38 ans plus tôt.

(1) Taillon Esther, Louis Michel et Marie Madeleine Cauchon-Ancêtres de familles Michel et Taillon, Société de généalogie de Québec-Cahier spécial G, p.63-64, mars 1977.

L'ancêtre Olivier (“Étienne”) Michel

Début de décembre 1645 naissent Étienne et Olivier jumeaux de Gilles Michel et Barbe Esmard à La Rochelle, France. Le 5 décembre, Olivier décède. Son père Gilles, aussi malade, décède en août 1647; son fils survivant sera renommé du prénom de son frère décédé ainsi que celui du parrain des jumeaux, Olivier le Tardif. Ce dernier, veuf de Louise Couillard(1), épousera la veuve de Gilles Michel, mère d’Étienne, devenu Olivier Michel. Vous trouverez ci-dessous la petite histoire de leur contrat de mariage.

En 1648, Olivier le Tardif, revient à bord du navire Notre Dame, avec sa nouvelle épouse, Barbe Esmard, mère d’Olivier Michel, lequel, sans avoir encore 3 ans, arrivera en Nouvelle-France.

Olivier Michel, adolescent, deviendra domestique chez un voisin, Jean Cochon de Château Richer. Marie Madeleine, sa petite fille, sera mariée à Olivier en 1671 (1). Avant 1681, ils déménagent à Cap Saint Ignace, puis reviennent élire domicile, avant mars 1690, rue Des Meulles (aujourd’hui rue du Petit Champlain) à Québec. Marie-Madeleine décède en décembre 1698 et Olivier signe Taillon l’acte de tutelle de ses enfants. Malade, il ne pouvait plus s’occuper de ses 13 enfants mineurs. Plus tôt, juillet 1698, naissait Thérèse-Dorothée, leur dernier enfant, baptisée fille d’Olivier Taillon. En janvier 1700, le frère de Thérèse est hospitalisé à l’Hôtel-Dieu de Québec du nom de François Taillon pour y mourir âgé de neuf ans. Si Olivier, Thérèse et François ont été les premiers Taillon, Olivier Michel n’est pas l’unique ancêtre des Taillon d’aujourd’hui. Il décéda le 26 avril 1699 à l’Hôtel Dieu de Québec.

(1) Taillon Esther, Louis Michel et Marie Madeleine Cauchon-Ancêtres de familles Michel et Taillon, Société de généalogie de Québec-Cahier spécial G, p.63-64, mars 1977.

À propos des Taillon

Olivier Michel et Louis Michel, on s’en souvient, étaient deux immigrés français qui se sont mariés au Château-Richer, à vingt ans d’intervalle. Il n’y avait entre les deux hommes aucune parenté connue. Leurs enfants sont cependant petits cousins à cause des alliances féminines de leurs pères. Olivier Michel fut de son vivant appelé Taillon et ceci est vérifiable à l’acte de tutelle de ses enfants mineurs en janvier 1699. On ne sait pas cependant ce qui lui valut ce nom mais quoiqu’il ait été le premier à être nommé ainsi, Olivier Michel n’est pas l’unique ancêtre des Taillon d’aujourd’hui. Au cours du XVIIIe siècle, le nom de Taillon est utilisé par ses enfants qui, pour la plupart, l’adoptent plus ou moins rapidement par la suite. Mais voici qu’au XIXe siècle, un descendant de Louis Michel, François, fils de Louis et d’Hélène Gagnon et petit fils de Charles et Marie Simart, utilisera le nom de Taillon à son tour.

Né sur la terre ancestrale, François Michel se marie à Château-Richer avec Marguerite Cloutier en 1794. Il s’établit aussitôt à Saint-Nicolas, sur les bords de la rivière Beaurivage, endroit devenu par la suite Saint-Étienne. Lorsqu’il décède le 10 septembre 1830, on le nomme François Michel Taillon au registre de la paroisse. Ses descendants sont tous des Taillon dont quelques uns ont rapidement perdu jusqu’au souvenir de leur nom originel de Michel. François Michel, descendant de Louis, n’est pas le seul à avoir adopté le nom de Taillon. D’autres lignées en firent autant. Au XIXe siècle, il est probable que la distinction entre les deux lignées ne se faisait plus clairement car trop d’années avaient passé. Comme les Michel, descendants d’Olivier, se faisaient appeler Taillon, certains Michel descendants de Louis, en firent autant. Il est possible que dans le cas des descendants de Louis, l’utilisation de nom Taillon découle d’un plagiat involontaire.

(1) Taillon Esther, Louis Michel et Marie Madeleine Cauchon-Ancêtres de familles Michel et Taillon, Société de généalogie de Québec-Cahier spécial G, p.63-64, mars 1977.

Nos dossiers généalogiques

  • Dictionnaire généalogique des Familles Michel et Taillon
  • Descendance patronymique de Jacques Michel et Catherine Comeau.
  • Copie de l’original du contrat de mariage d’Olivier Le Tardif et Barbe Aymard
  • Le bulletin de l’association

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Le contrat de mariage de 1648 de Olivier Le Tardif et Barbe Aymard

En 1994, Robert et Pierrette parcourant le territoire français, s’arrête à La Rochelle pour consulter, aux archives départementales, les registres d’embarquement des navires de l’année 1665. Pierrette espère y repérer le nom de son aïeul, Antoine Legros, soldat du Régiment de Carignan. Au comptoir d’accueil, les registres pertinents lui sont remis mais ses recherches sont vaines. En parcourant le document, elle retrouve cependant deux feuilles non reliées glissées entre deux pages. Étonnement! C’est ainsi que fut retrouvé le contrat de mariage de Olivier Le Tardif et Barbe Aymard!